Recharge des voitres electriques en LLD sans apport dans une entreprise française

La LLD est-elle devenue le moteur de la décarbonation des flottes professionnelles ?

La transition énergétique des flottes d’entreprise s’accélère en France, portée par une combinaison de contraintes réglementaires, d’objectifs RSE et d’évolutions technologiques. Au cœur de cette transformation, la location longue durée occupe désormais une place stratégique. Pour les entreprises, la LLD n’est plus seulement un mode de financement : elle est devenue un véritable levier d’électrification, de simplification de gestion et de sécurisation financière.

Lors du salon Drive to Zero, Anne‑Claire Forel, directrice générale de Sesamlld, a rappelé le rôle central des loueurs longue durée dans la décarbonation des mobilités professionnelles. Son constat est clair : la LLD structure aujourd’hui une grande partie du marché automobile entreprise et influence directement la vitesse de transition vers des flottes plus propres.

La LLD, pilier du marché automobile professionnel

Les loueurs longue durée gèrent plus d’un million de véhicules en France. Cette masse critique donne à la filière une capacité d’action unique : elle influence les choix de motorisations, les volumes d’immatriculations et la manière dont les entreprises renouvellent leurs véhicules.

La LLD représente désormais une part majoritaire des immatriculations professionnelles. Pour beaucoup d’entreprises, elle est devenue la solution naturelle pour renouveler une flotte, en particulier dans un contexte où les technologies évoluent rapidement et où les réglementations environnementales se durcissent.

Cette position dominante permet aux loueurs d’orienter le marché vers des motorisations plus vertueuses. En intégrant massivement des véhicules électriques dans leurs catalogues, ils créent un effet d’entraînement sur les entreprises, qui accèdent plus facilement à des modèles décarbonés sans supporter les risques associés.

Un accélérateur d’électrification pour les entreprises

L’un des principaux freins à l’adoption du véhicule électrique reste l’incertitude liée à la valeur résiduelle. Les entreprises hésitent à acheter un véhicule dont la technologie évolue vite et dont la valeur de revente est difficile à anticiper.

La LLD supprime ce frein. Le loueur assume entièrement le risque de revente, ce qui permet à l’entreprise de se concentrer sur l’usage. Cette logique de transfert de risque est un facteur clé de l’électrification des flottes : elle sécurise les gestionnaires, qui peuvent intégrer des VE sans craindre une dépréciation imprévue.

Au-delà de l’aspect financier, la LLD simplifie la gestion opérationnelle. Entretien, assistance, maintenance, pneumatiques, véhicule relais : les prestations intégrées permettent aux entreprises de déployer des VE sans complexifier leur organisation interne. La transition devient plus fluide, plus progressive, plus maîtrisée.

La LLD structure le marché du véhicule électrique d’occasion

Le marché du VO électrique est en pleine construction. Pendant longtemps, il a manqué de volume, de visibilité et d’outils de confiance. La LLD change la donne.

Chaque année, les loueurs immatriculent plusieurs centaines de milliers de véhicules. Après quatre ou cinq ans, ces véhicules alimentent le marché de l’occasion. Ce flux régulier crée un stock structuré, homogène, entretenu, parfaitement documenté.

Les loueurs ont également introduit des outils de diagnostic batterie, permettant de mesurer l’état de santé (SOH) d’un véhicule électrique. Ce type d’information rassure les acheteurs, en particulier les TPE et PME qui cherchent des solutions économiques pour passer à l’électrique.

Grâce à la LLD, le VO électrique devient un marché crédible, lisible, accessible. Et ce marché secondaire est indispensable pour démocratiser le VE au-delà des grandes entreprises.

Une filière qui demande plus de stabilité réglementaire

Si la LLD joue un rôle majeur dans la décarbonation, la filière reste confrontée à un environnement réglementaire instable. Bonus, malus, fiscalité, ZFE, normes européennes : les règles évoluent fréquemment, parfois sans cohérence entre elles.

Pour les loueurs, qui investissent sur plusieurs années, cette instabilité complique la projection des valeurs résiduelles et la planification des renouvellements. La filière appelle donc à davantage de lisibilité pour continuer à accompagner efficacement les entreprises dans leur transition énergétique.

Une réglementation plus stable permettrait d’accélérer encore l’électrification, en sécurisant les investissements et en renforçant la confiance des gestionnaires de flotte.

La LLD, un levier stratégique pour la décarbonation

La location longue durée est devenue un outil structurant pour la transition énergétique des flottes professionnelles. Elle combine plusieurs avantages décisifs :

  • elle facilite l’accès au véhicule électrique,
  • elle sécurise les entreprises en absorbant le risque de valeur résiduelle,
  • elle simplifie la gestion opérationnelle,
  • elle alimente le marché du VO électrique,
  • elle crée un effet d’entraînement sur l’ensemble de la filière.

La décarbonation des mobilités professionnelles ne dépend pas uniquement des réglementations ou des technologies. Elle dépend aussi des modèles économiques capables de rendre cette transition accessible, progressive et sécurisée. À ce titre, la LLD est devenue un acteur incontournable.

Comme le résume Anne‑Claire Forel, la LLD est aujourd’hui un véritable outil d’accélération de la décarbonation.

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